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Formation professionnelle : tout sur les nouvelles donnes

Le gouvernement a lancé, le 21 novembre dernier, l'application mobile Mon compte formation. Elle fait suite au lancement, en 2014, du compte personnel formation. Décryptage avec les experts de RSM.

1. Pourquoi une nouvelle donne ?

 « Cette application est la suite de la réforme qui remonte au DIF, le droit individuel à la formation, qui a été un échec. Il a été transformé, fin 2014, en CPF. Sa principale originalité, c'est une plus grande autonomie du salarié par rapport à la formation professionelle. Depuis janvier 2019, l'innovation a été la monétisation des heures de formation en euros », explique Luc Petiteau, associé de RSM Méditerranée.

Le salariés, à travers à la fois l'application mobile et le site internet Mon compte formation créent leur propre parcours de formation.

« Les salariés ont tout intérêt à y créer leur compte. C’est très simple, il suffit d'entrer leur numéro de Sécurité sociale et le créer à travers un espace personnel  », insiste  Giovanni Terrana, associé de RSM Est.

2. Comment fonctionne le compte ?

Il n'est plus piloté par l'employeur mais par la Caisse des dépôts. Celle-ci va, à travers le numéro de Sécurité sociale, comptabiliser tout ce que l'employeur a déclaré au fil des années, y compris les droit DIF.

Pour démarrer avec un nombre d'euros intéressant destinés à payer la formation choisie.

3. Quels plafonds ?

« Aujourd’hui, le plafond est de 500€ par an, dans la limite de 5 000€, pour la majorité des salariés.  Le montant est porté à 800€ par mois, avec une limite de 8 000€ pour ceux qui présentent un handicap. Ce plafond est porté à 8 000€ pour des salariés peu qualifiés, dont le diplôme est inférieur au CAP et BEP », précise Luc Petiteau.

4. Des enjeux pour l'entreprise ?

« L’entreprise n’est pas du tout concernée. Ce n’est pas son affaire. Le CPF, c’est pour le salarié. Pour le rendre maître de son parcours de formation », insiste Giovanni Terrana. L’employeur peut intervenir « sur la marge », si le salarié demande à se former sur le temps de travail. L’accord de l’employeur est alors nécessaire.

5. Adapté à des PME ?

« Il y a une obligation d’adaptation du salarié à son poste de travail. Quand un employé part en formation, il y a un problème d’organisation en interne. Le fonctionnement s’en trouve perturbé. Il est vrai que dans les petites structures, c’est un voeu pieux que d’imaginer une formation efficace et effective. Les demandeurs sont ceux dont leur emploi nécessite une formation », répond Luc Petiteau. La réponse de l’employeur est soumise à un délai : 30 jours ouvrables.

L’employé doit l’en informer 60 jours avant le début de la formation, si la formation dure moins de six mois, et 120 jours si elle dure au-delà de six mois. Passé ce délai, absence de réponse vaut acceptation.

6. Risque d'isolement des salariés?

Le compte personnel formation rend le salarié autonome. « Cela n’empêche pas le conseil en évolution professionnelle, par Pôle emploi et l’Apec. Il a intérêt à s’appuyer sur ces relais », conseille Giovanni Terrana. Le compte personnel de formation apporte « une plus grande autonomie du salarié ».


La tribune publiée dans Midi Libre - Janvier 2020