Observatoire DFCG-RSM de la digitalisation des PME & ETI

Entretien avec Amaury de la Bouillerie, Associé chez RSM et Jean-Claude de Vera, Membre du Bureau Exécutif DFCG et Président de la DFCG Ile-de-France.

Les attentes des clients, actionnaires, employés, et de l’ensemble des parties prenantes des entreprises dans le contexte de crise sanitaire et économique ont accéléré les besoins de transformations des PME et ETI pour sécuriser à court terme leurs pérennités et à moyen terme une croissance profitable et durable.
La DFCG lance aujourd’hui l’Observatoire DFCG/RSM de la digitalisation des PME & ETI en partenariat avec RSM afin de mieux connaitre les enjeux et la maturité des PME et des ETI en matière de digitalisation, et d’évaluer le rôle de la direction financière dans la transformation numérique des entreprises de la stratégie à la mise en œuvre opérationnelle.

Amaury de la Bouillerie, quelles sont les étapes clés de votre parcours ?
Je suis associé chez RSM depuis sept ans, en charge du conseil pour la France. Je suis consultant et expert-comptable ce qui me permet d’accompagner les transformations des organisations comptables et financières en ayant une connaissance intime du métier de mes clients. Avec une équipe qui partage cette double culture, nous avons développé les activités d’assistance opérationnelle et de conseil autour de la fonction finance. Pour ma part, j’interviens plus particulièrement dans le secteur de l’assurance.
RSM est le 6e réseau mondial d’audit, d’expertise et de conseil, et fortement ancré en France. Le cabinet est très présent sur les ETI/PME et il intervient sur de nombreux secteurs : Services financiers, Immobilier, Distribution, loisir, hôtellerie, santé, etc. RSM est en forte croissance : + 9,5 % cette année au niveau mondial ! Nous employons 48 000 collaborateurs dans le monde, dont 1 100 en France où toutes les entités de RSM ont été regroupées depuis le 1er janvier 2021.

Jean-Claude de Vera, quels sont les groupes de la DFCG investis dans cet Observatoire ?
En plus des Régions dont l’IDF que je préside, trois groupes DFCG sont particulièrement investis dans la réalisation et l’évolution de cet Observatoire : le groupe PME/ETIle groupe Systèmes d’informations et digital (GSID) et le groupe CSP/RPA/Automatisation Intelligente.

Quels sont l’objectif et l’intérêt de l’Observatoire ?
ADLB : Cette période pousse les entreprises à se transformer, notamment en ce qui concerne la digitalisation. Il est nécessaire d’avoir une compréhension « durable » de ce phénomène et une meilleure connaissance des enjeux – notamment des PME/ETI – pour répondre au plus proche des attentes de nos clients, et plus généralement des entreprises françaises. Il est fondamental de comprendre et connaitre les pratiques par cycle, et les tendances du marché.

JCDV : Nous souhaitons mieux appréhender les attentes des directions financières dans chaque segment et secteur d’activité afin de mieux adapter notre offre de service. Le segment des PME/ETI est intéressant car les problématiques et les solutions sont spécifiques et souvent différentes de celles des grandes entreprises. Par exemple la gestion des données et des processus métiers diffère selon la taille des entreprises.
Par ailleurs, nous souhaitons inscrire cet Observatoire dans la durée, année après année. C’est ainsi que nous pourrons analyser finement la question centrale de cet Observatoire : pour chaque processus (ventes, achats, comptabilité et reporting, trésorerie, etc.), quel est le degré de maturité de la digitalisation ? L’analyse fine – processus par processus – constitue la valeur ajoutée de cet Observatoire. Une question connexe importante étant de déterminer si la direction financière est « motrice » ou « suiveuse » dans les projets de digitalisation engagés au sein des entreprises.
La nécessité sanitaire a « obligé » les entreprises à mener à distance des projets de transformation digitale. Elles sont nombreuses à avoir choisi des « briques » technologiques en complément de leur système d’information (en mode licence ou à l’usage) pour gérer leurs données et processus métiers à distance.

ADLB : En effet, la crise sanitaire a accéléré les plans de transformation ! La crise a agi comme un déclencheur des investissements et un accélérateur des projets en cours. Par nécessité, de nombreux freins psychologiques ont été levés ! Par exemple certains comptables peuvent se sentir rassurés par les traitements comptables « physiques ». Mais du fait de la crise, la bannette courrier et les bordereaux ne sont plus là : le changement devient obligatoire. Attention tout de même à la remise en place des processus manuels : le naturel revient au galop ! Ce qui pose la question de la pérennisation et l’amélioration des solutions tactiques mises en place à court terme pour les inscrire dans un plan stratégique à long terme.
Deux paramètres essentiels devraient influer sur la trajectoire en matière de digitalisation : d’une part le développement inexorable de la facture électronique et d’autre part la maitrise des risques en matière de cybercriminalité. Le travail à distance a nécessité une ouverture des systèmes d’information… Avec le sentiment de devoir maitriser les risques de fraude en même temps que les processus se digitalisent.

JCDV : Mon sentiment est que l’aspiration au progrès est forte. Ainsi, il n’y aura pas de retour en arrière notamment car le fonctionnement en réseau et le progrès continu correspond à des attentes des ressources humaines de l’entreprise à tous les niveaux ! Je tiens à faire remarquer que certaines grandes entreprises fortement décentralisées fonctionnent comme une « fédération de PME/ETI ». Par ailleurs de nombreuses innovations source de transformations viennent souvent des petites structures.

Quid des outils ?
JCDV : On n’est plus dans le « tout ERP », comme c’était le cas il y a quelques années. Les entreprises souhaitent disposer d’une architecture de systèmes d’informations composée de solutions agiles et d’applications métiers interfacées avec l’ERP et leur permettant de faire évoluer rapidement leurs modèles opérationnels et leurs gestions de données et de processus de bout en bout. Ces solutions sont généralement accessibles et peu onéreuses (y compris en open source).

ADLB : En effet, les freins ne sont généralement pas financiers, mais proviennent de la peur du changement ou de la mise en œuvre d’une politique frileuse en matière de transformation digitale. Les cyberattaques sont une réalité mais elles ne doivent pas constituer des obstacles au changement car les solutions existent pour y faire face, des lors que les entreprises s’y préparent avec méthode.

Comment est structuré l’Observatoire ?
JCDV : Même si traditionnellement en France nous sommes moins enclins au benchmark, cet Observatoire donne la possibilité aux entreprises (et aux directions financières) de se comparer aux autres ! L’Observatoire a vocation, année après année, d’enrichir cette comparaison. 

ADLB : Dans cet Observatoire nous privilégions une approche concrète et fine. 

 

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