La World Benchmarking Alliance (WBA), lancée en 2018, réalise des études et établit des classements des entreprises par rapport aux Objectifs de Développement Durable (ODD) afin de promouvoir un avenir plus durable.
Sa dernière étude analyse la performance de 2 000 des entreprises les plus influentes au niveau mondial. Ces entreprises « génèrent 53 000 milliards USD de revenus et représentent 54 % des émissions mondiales. Elles emploient directement 107 millions de personnes et soutiennent 550 millions de moyens de subsistance supplémentaires à travers leurs chaînes de valeur et d’approvisionnement ».
Les principales conclusions des études de la WBA incluent :
CLIMAT
Les critères utilisés pour évaluer les entreprises sont : le reporting et la définition des objectifs d’émissions, la planification de la transition bas carbone, la gouvernance et les politiques, les investissements bas carbone, l’alignement des objectifs actuels et la performance.
- Planification de transition de faible qualité : Sur 1 600 entreprises évaluées, seulement 19 disposent d’une planification de transition crédible et conséquente (classées A ou B dans le WBA ACT Score).
- Écart dans la gestion des émissions de la chaîne d’approvisionnement : Seules 16 % des entreprises ont défini des objectifs d’émissions pour leur chaîne d’approvisionnement, alors qu’environ 89 % des émissions s’y produisent.
- Entreprises hors trajectoire climatique : 82% rapportent des émissions supérieures à celles définies dans leur trajectoire de neutralité carbone.
- Manque d’intégration de l’équité sociale : Les résultats de la “Just Transition” (intégration de l’équité sociale, de l’inclusivité et des droits des travailleurs dans les plans de transition) atteignent en moyenne 5,7/100, bien que certains acteurs commencent à intégrer ces éléments dans leurs stratégies.
NATURE
Le benchmark nature a couvert 750 entités et porte sur 18 indicateurs spécifiques à la nature et 18 indicateurs sociaux de base. Le score moyen atteint 17,3/100.
- À l’échelle mondiale, seulement 9 % des entreprises quantifient leurs risques liés à la nature.
- Seules 14 % quantifient et divulguent leur dépendance à la nature, alors que la quantification de ces dépendances permet aux entreprises d’être dans une meilleure position pour anticiper les perturbations et créer une résilience et une compétitivité à long terme. Les entreprises actives dans des secteurs à haut risque sous pression réglementaire ou réputationnelle ont tendance à mieux performer, car elles ont été poussées à agir plus rapidement que d’autres secteurs.
CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT ET DROITS HUMAINS
Le Corporate Human Rights Benchmark (CHRB) a évalué 105 entreprises dans 5 secteurs à haut risque (agroalimentaire, habillement, industries extractives, IT et fabrication automobile).
- Bien que la plupart des entreprises continuent de s’améliorer en matière de performance relative aux droits humains, près d’1 sur 4 a régressé depuis la dernière évaluation.
- La transparence dans la chaîne d’approvisionnement demeure un angle mort : seulement 10 % des entreprises évaluent les risques liés aux droits humains dans leur chaîne d’approvisionnement, et seulement 20 % tracent leurs produits pour comprendre les impacts sur la nature.
AUTRES ASPECTS SOCIAUX
Le benchmark social évalue 2 000 entreprises sur la base de 18 indicateurs sociaux de base (CSIs), avec un score moyen de 20/100.
- Moins de 5 % des entreprises déclarent garantir un salaire décent à leur main-d’œuvre. Parmi celles-ci, 80 % ont leur siège en Amérique du Nord ou en Europe.
- L’engagement des parties prenantes reste limité, les groupes concernés étant rarement consultés lorsque les entreprises évaluent les enjeux de droits humains ou conçoivent des mécanismes de remédiation.
- Sur l’égalité de genre, le score moyen de ces 2 000 entreprises atteint 18,9/100. Les secteurs Habillement & Chaussures, Électronique, Produits personnels & ménagers, et Pharmaceutique & Biotechnologie affichent les scores les plus élevés. De nombreuses entreprises ne publient tout simplement pas d’informations ventilées par genre, par exemple sur les écarts salariaux ou les promotions.
CONCLUSION
Les résultats de la WBA révèlent un écart constant entre les engagements de durabilité des entreprises et les actions réelles dans les domaines du climat, de la nature, des droits humains et de la performance sociale. La plupart des entreprises manquent encore de plans de transition crédibles, ont une compréhension limitée des risques liés à la nature et n’intègrent pas suffisamment les droits humains et les garanties sociales dans l’ensemble de leurs chaînes de valeur.
En bref, les progrès restent trop lents face à l’augmentation des pressions environnementales et sociales. Les entreprises qui renforcent leurs stratégies de transition, améliorent la transparence de leur chaîne d’approvisionnement et intègrent les considérations liées à la nature et au social au cœur de leur prise de décision seront mieux positionnées pour prendre le leadership et gagner un avantage concurrentiel. Les benchmarks de la WBA peuvent servir de référence utile pour aider les entreprises à affiner leur stratégie de durabilité, en offrant un regard externe pour identifier les lacunes, prioriser les actions et suivre les progrès de manière comparable.
Si vous cherchez à démarrer votre parcours de transition ou si vous avez besoin de conseils techniques sur des domaines spécifiques, notre équipe de spécialistes est là pour vous accompagner.