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Le droit à la déconnexion : la Loi va-t-elle changer la donne ?

L'entreprise face au droit à la déconnexion

Le droit à la déconnexion est entré en vigueur le 1er janvier dans le cadre de la loi Travail. Cette loi va-t-elle fondamentalement changer la donne en ce qui concerne l’objectif recherché, à savoir le respect de l’équilibre vie privée et vie professionnelle, avec à la clé, une diminution du nombre de burn-out ?

Jean-Marc Morel rappelle les principes déjà prévus par la Loi qui fixe le temps de travail à ne pas excéder, ainsi que le délai de 11H de repos entre deux plages de travail.

La nouveauté dans la Loi Travail, c’est surtout l’obligation pour les entreprises de négocier les conditions de cette déconnexion avec les salariés.

Qu’est-ce qui peut sortir de ces négociations ?  Peut-on vraiment, à l’heure de la généralisation des outils numériques, rester dans un cadre fixé légalement ?  

Il y a trois limites :

  • Au niveau managérial déjà, les entreprises n’ont aucun intérêt à contourner les questions liées au temps de travail, ne serait-ce que pour des questions d’efficience des salariés.
  • Le deuxième problème, c’est pour les entreprises mondialisées ou qui traitent avec l’étranger. Comment prévoir des coupures d’accès quand l’activité nécessite le besoin de travailler à tout moment ?
  • La troisième limite, c’est qu’il y a un décalage entre vie professionnelle et vie privée, dans laquelle les salariés sont connectés en permanence, surtout les plus jeunes.

Alors que peut-on faire pour au moins limiter les abus et donc combattre les risques psycho-sociaux ? 

  • D’abord, c’est au manager de sensibiliser sur cette déconnexion. C’est compliqué parce que c’est vrai qu’ils ont parfois tendance à profiter de la situation, disons-le ! Par exemple, s’ils veulent envoyer des mails le week-end, ils doivent indiquer aux salariés qu’ils n’attendent pas de réponse avant le lundi suivant.
  • Une piste intéressante, c’est de se servir des outils que sont charte informatique et le règlement intérieur. Le management peut y faire passer un certain nombre de messages, notamment en matière de sécurité des données. Il y a en effet des situations où il faut déconnecter. Pour prendre un exemple un peu extrême : un collaborateur ne doit pas traiter un dossier sensible un samedi soir à 3H du matin car il met l’entreprise en danger !

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